benevole-au-vietnam-2 benevole-au-vietnam-mariella-bergenJe suis partie pour une mission de bénévolat au sein d’un centre s’occupant d’adultes et d’enfants défavorisés et/ou handicapés.

J’ai quitté la Guadeloupe le 16 mars 2016 pour Paris. Je me suis envolée de Paris le 19 mars en direction d’Ho Chi Minh Ville l’ancienne Saigon. Mon fils m’a accompagné pour mon installation.

Ensemble nous avons découvert l’univers de la pauvreté, et du handicap au cœur d’une banlieue pauvre d’Ho Chi Minh Ville. C’est une sensation étrange que de se retrouver immergés dans « la différence ».

Durant une semaine Guillaume est resté auprès de moi.

Tous les matins je me rends au bureau et je travaille à l’élaboration d’un programme détaillant un projet de centre médico-social au cœur de la campagne du centre Vietnam au sein de la province de Krong No dans le village de Dak Nong, non loin des hauts plateaux, où vivent nombre de minorités ethniques.

Je découvre le travail avec d’autres bénévoles mais surtout avec les vietnamiens. Je m’insère sans difficulté et me lance avec méthodologie et sérieux dans l’élaboration du programme ou tout est à faire.

Tim, la responsable de « Maison Chance » a tout dans sa tête. Elle sait ce qui doit être fait et comment elle espère pouvoir trouver les financements pour venir en aide à cette population.

Cela fait 23 ans qu’elle s’est émue pour le peuple vietnamien, venant en aide aux enfants des rues, apportant assistance et soutien aux personnes handicapés.

Mais c’est d’abord guidée par son cœur et sa persévérance que les choses ont vu le jour.

Pour parvenir à construire le foyer « Maison Chance » ou logent les orphelins, pour réaliser le centre envol ou son dispensés les formations, et pour construire le « village chance » ou résident dans 39 logements adaptés les personnes à mobilités réduites et ou est installée l’école de 5 classes et la garderie de 2 sections, Tim a pu compter sur la générosité de la population vietnamienne immigrée dans le monde entier et sur de généreux donateurs internationaux particulièrement européens et américains.

Après l’élan du cœur, il a fallu se structurer, c’est chose faite. L’ONG est reconnue.

Tim est également désormais officiellement citoyenne vietnamienne.

Elle peut désormais prétendre à des subventions de fondations internationales.

Mais pour ce faire il faut clarifier le projet et monter de lourds dossiers. Détailler l’historique de l’association, expliquer le contexte économique et social, expliquer l’objectif final, le justifier, dire quels seront les bénéficiaires, quels seront les prestations et activités proposées, élaborer le budget prévisionnel, le cahier des charges et le calendrier du projet.

C’est la tache à laquelle je suis affectée.

Je m’y atèle avec Caroline une jeune bénévole de 25 ans en poste pour 4 mois dans le cadre d’un master en humanitaire.

Caroline et moi avons tout de suite bien accrochée. Et pour commencer je lui ai soumis non seulement une méthodologie mais un projet de plan.

Sans perdre de temps nous avons pu nous mettre au travail.

Ce document de 60 à 100 pages sera la base qui servira à l’élaboration de toutes les futures souscriptions des appels à projets internationaux pour les années 2016, 2017 et 2018.

Il servira également de support pour la présentation de son projet aux éventuels mécènes.

Je suis debout aux aurores, je fais mon lit, je balaie ma chambre et je donne à manger à mon chien. En effet, mon animal de compagnie est du voyage. Chien âgé souffrant d’angoisse de séparation, affecté d’un souffle au cœur et d’un œdème pulmonaire, je ne me sentais pas le courage de l’abandonner à une mort certaine.

Aussi, bien que ne doutant de la charge que cela représenterait pour moi je l’ai emmené dans mes bagages.

Je lui donne ses médicaments du matin (4 comprimés et quelques gouttes), je le sors pour ses besoins et je prends la route pour le centre envol. Un petit kilomètre à parcourir avec mon ordinateur sur le dos, Pepito à bout de bras, le soleil qui tape. Je côtoie les scooters, les motos, les vélos et les voitures qui se frayent un chemin dans la jungle des routes sans accotements, sans trottoirs.

Chaque seconde je crains de me faire faucher par un engin quelconque, je crains que l’on me kidnappe mon chien qui finira à coups sur dans une marmite, ou que l’on me dérobe mon précieux outil de travail. Si le Vietnam est réputé sécure, je crains tout de même de disparaitre à tout jamais de ce pays qui ne m’est pas familier.

Alors je ramasse mon petit copain à 4 pattes et le colle à mon corps, je porte mon ordinateur en bandoulière et j’ouvre grand les yeux.

Je me rends à mon poste de travail.